3 août 2009

Le Paparazzo et Le Petit Prince de Danemark

Cette petite chronique sur un reportage princier réalisé sans rendez-vous pour «Billet Bladett», Journal danois client de l’agence Gamma.

C’est à Saint jean de Luz que je dois localiser le couple princier Marie et Joachim de Danemark en vacances d’été. Les photographies de royauté en vacances sont toujours très demandées, surtout au Danemark (je découvre toujours avec ravissement l’indéfectible attachement de tout danois que je rencontre pour leur famille royale). De plus le jeune couple doit être là avec leur fils né le 4 mai de cette année. Un dernier petit prince de Danemark dont ca serait les premières photos, l’enjeu journalistique monte d’un cran.
Comment réaliser une photo de vacances évoquant la tendresse et l’amour des parents avec ce fragile bébé sans manifester harcèlement de paparazzi. A mon arrivée, à la sonnette du portail, devant le chemin menant à la maison maternelle de Marie Cavalier, ma présence se révéla fort inopportune. En effet on me déclara avec sollicitude que les jeunes princes étaient repartis très tôt le matin. Puis on me dépêcha une « cuisinière » avec l’apparente mission de promener un énorme chien pyrénéen et de se laisser interroger pour me faire part à nouveau du départ de « mes » princes. Il ne me restait plus qu’à battre en retraite. Mais intrigué par le retour plutôt rapide de la promenade canine, je m’entretenais bientôt avec un voisin dans un jardin tout proche, puis avec un fournisseur effectuant une livraison ; Je compris que mon sujet photo se retranchait chez lui d’autant plus que le portail toujours ouvert jusque là se referma lentement mû par une commande invisible. Ce fut pour moi comme si une sirène d’alarme se déclenchait. Le reportage, ou plus simplement une photo devenait impossible. Pouvais-je encore regagner un peu de leur confiance, leur faire savoir que j’étais un gentil paparazzo? J’étais celui qui les avait déjà photographié il y a un an à Cays dans le Lot et aussi depuis trente ans le photographe qui n’a pas raté un seul des « Photos-call» (rendez-vous photo) officiels au château de Cays prés de Luzech dans le Lot.

Ci dessous il y a trente ans le prince Joachim semble faire des niches dans le dos de son père Henri De Montpezat, déjà Prince consort Henrik de Danemark

Il fallait faire comprendre que je n’étais pas venu pour organiser une planque ou une chasse poursuite ; je demandai à l’agence de joindre leur retraite et de laisser le message que je quittai les abords de leur domaine. Il fallait juste rappeler que j’étais en commande pour un journal danois, qu’il m’était demandé juste une photo du couple en vacances. Surtout éviter tout marché du genre « vous me laissez faire une photo et puis je vous laisse tranquille » qui serait du plus déplacé.
Je partais donc déjeuner sur le port de Saint-jean de Luz, d’un marmitako de thon ( péché depuis le 16éme siècle le thon est le Roi du port de Saint-Jean-de-Luz et l’emblème de toute une ville ! ) et surtout pour rester dans une note royale, le café se prends avec des macarons de la maison Adam ( en mai 1660 Le roi Louis XIV est reçu à Saint Jean de Luz pour y célébrer son mariage avec la gracieuse infante, Marie-Thérèse, la ville était décorée et le maître pâtissier local se distinguât particulièrement en envoyant à la reine-mère du roi des macarons dont elle se régala, et de cette délicate industrie on peut encore gouter les délicieux macarons : la recette n’a pas changée.)

Vous comprendrez aisément que je sois revenu vers le golf et le chemin Chantaco dans une humeur toute sereine. Quand « beau-papa » , ou peut-être le père de marie ( ?) vient à ma rencontre, pour me dire gentiment que j’avais raté la sortie des enfants, je peux lui répondre « le plus important c’est de ne pas contrarier de jeunes parents en vacances ». Et avec un gentil sourire on me dit que le prince Joachim passera peut-être me voir plus tard.
La lumière de 19 heures ne pouvait pas être plus belle prés du petit lac ou je me trouvai, quand sont apparus les jeunes vacanciers princiers des plus élégants avec leurs panamas blancs. Et je garde un souvenir ému de cette séance photo qui m’a été si gentiment offerte «c’est des photos bien précieuses que vous avez là » me dit prince Joachim à qui je montrais rapidement les photos du jeune Henrik.
« Et, c’est pour moi, un moment bien précieux ! » ai-je pu répondre au jeune couple qui repartait seul vers leur villa. Je remarquai alors avoir fait prés de 90 photos au lieu d’une seule, le client danois a été très content et l’agence a pu vendre en Allemagne, Espagne et France.

Ci dessous le site de l’agence

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